La micro-assurance Histoire de la micro-assurance

Histoire de la micro-assurance

Qu’est-ce que la micro-assurance ?

Définition de la micro-assurance

A l’instar de la microfinance, le terme « micro-assurance » désigne l’adaptation de services d’assurances à des clients, essentiellement à faibles revenus, n’ayant pas accès à des services d’assurance classiques.
Marc NABETH – spécialiste français de la micro-assurance, auteur du livre « Micro-assurance. Défis, mise en place et commercialisation » aux Editions Dalloz 2006 – définit la micro-assurance comme une offre consistant à proposer des produits et des services efficaces à des individus ou des groupes à faibles revenus, souvent exclus du marché traditionnel de l’assurance (micro), via l’utilisation des pools de risques (assurance).
La micro-assurance se présente comme un mode de gestion des risques qui vise à protéger les populations pauvres contre certains événements spécifiques, sur la base d’une mise en commun des risques et en échange du paiement régulier de primes abordables, proportionnelles à la probabilité de réalisation du risque couvert et de son coût.

Origine de la micro-assurance

La micro-assurance s’est développée il ya 20 ans dans les pays en émergence, en complément du microcrédit. Le Professeur Muhammad YUNUS (Prix Nobel de la Paix 2006, créateur de la Grameen Bank en 1983, banque spécialisée dans le microcrédit) a constaté que fréquemment le défaut de remboursement d’un microcrédit était la conséquence d’aléas météorologiques ou d’une maladie.
Pour sécuriser le mécanisme du microcrédit en diminuant le risque de non remboursement, il fallait donc trouver d’autres moyens pour « sécuriser » le parcours professionnel et personnel de ces individus. L’assurance est apparue comme la réponse la plus appropriée pour supporter ces risques et conforter le parcours de ces créateurs d’activité.

Pour aller plus loin : la microfinance.org

Les besoins couverts par la micro-assurance

La micro-assurance couvre tant des risques individuels, comme le décès et l’invalidité, que l’arrêt de travail ou les dépenses de santé. On parle alors de micro-assurance sociale ou individuelle.
Elle intervient aussi dans la couverture des risques liés à l’activité professionnelle, la perte du stock, le vol, l’incident ou des dommages subis par des tiers. Ces sinistres, même d’un coût très faible, peuvent avoir de graves conséquences sur la vie des entreprises. Il s’agit de micro-assurance professionnelle.

Naissance de la micro-assurance en France

L’idée de mettre en place une offre de micro-assurance est née en 2004. Comprenant la situation des entrepreneurs à faibles revenus, exclus des offres d’assurance traditionnelles, Bruno ROUSSET, Président Directeur Général d’APRIL GROUP, a eu l’idée de mettre en place une offre de micro-assurance, adaptée au contexte économique et social du pays. Faisant le parallèle avec le microcrédit, qui associe dans un même objectif réseaux bancaires, secteur associatif et pouvoirs publics, les promoteurs du projet ont imaginé qu’ils pourraient mobiliser des assureurs aux côtés des professionnels du soutien à la création d’entreprises pour proposer une nouvelle offre d’assurance afin de rétablir une forme de solidarité envers les plus vulnérables de nos concitoyens.
Cette volonté a abouti à la création, en décembre 2004, de l’Association de préfiguration de la Fondation pour la micro-assurance, puis à la création de la Fondation Entrepreneurs de la Cité en 2008.

Transposition de la micro-assurance en France

Le constat
Depuis bientôt dix ans, une nouvelle catégorie de créateurs, les personnes qui bénéficient des minima sociaux, émerge dans le paysage de la création d’entreprises.
Les incitations à la création d’entreprises, comme la Loi pour l’initiative économique d’août 2003 ou plus récemment le régime de l’auto-entrepreneur, ont particulièrement favorisé ces nouvelles vocations d’entrepreneurs.

La seule volonté de créer ne suffit pas pour s’insérer durablement si, par manque d’argent, ces nouveaux entrepreneurs ne protègent ni leur activité, ni leur personne, fragilisant sans le savoir et dès le départ leur projet. En effet, la perspective de revenus irréguliers et bas les premières années, conjuguée à l’absence d’information, conduisent ces créateurs d’entreprise à réduire leurs charges en reportant par exemple la souscription d’une couverture sociale complémentaire ou d’une protection professionnelle.

Une étude réalisée en 2006 par l’Association pour le Droit à l’Initiative Economique (Adie) en collaboration avec l’ESSEC (étude réalisée auprès de 600 créateurs d’entreprise bénéficiant d’un microcrédit) le confirme : 20 % des créateurs d’entreprise ne peuvent accéder à une couverture d’assurance en raison de son coût, 40 % n’y ont pas pensé ou l’ont jugée inutile.

Ce choix maintient par conséquent le créateur d’entreprise dans une situation de fragilité et à terme d’exclusion si le risque non couvert se réalise.

La réponse
Pour protéger ces créateurs d’entreprise, Entrepreneurs de la Cité a conçu une micro-assurance solidaire, collective et universelle, en concertation avec les réseaux d’aide à la création d’entreprises et des assureurs, qui répond aux principes suivants :

  • Des garanties sur-mesure et pour tous : multirisque professionnelle, prévoyance et santé ;
  • Une cotisation modérée : environ 1 € par jour ;
  • Une protection transitoire, limitée à 4 ans, pour accéder progressivement aux couvertures d’assurances traditionnelles ;
  • Un accompagnement du créateur d’entreprise pour les éduquer aux risques.

Avec la micro-assurance, Entrepreneurs de la Cité s’adresse à une population différente de celle des assureurs traditionnels.